Mon parcours dans le DES de Médecine Générale

Le DES vise à certifier l’ensemble des six compétences pour l’exercice de la médecine générale

  1. premier recours, urgence
  2. relation, communication, approche centrée patient
  3. approche globale, prise en compte de la complexité
  4. éducation, prévention, santé individuelle et communautaire
  5. continuité, suivi, coordination des soins autour du patient
  6. Professionnalisme

Il existe deux phases d’apprentissage : la phase socle correspondant à la première année de DES et la phase d’approfondissement correspondant aux deux autres années.

Les compétences

Pour exercer la spécialité, la médecine générale requiert les compétences suivantes dans trois champs d’activité : 

  • la démarche clinique,
  • la communication avec les patients
  • la gestion de l’outil professionnel

Comme discipline scientifique centrée sur la personne, trois dimensions spécifiques sont fondamentales :

  • Dimension scientifique : l’approche critique basée sur la recherche des connaissances et son maintien par une formation continue visant une amélioration permanente de la qualité des soins.
  • Dimension comportementale : les capacités professionnelles du médecin, ses valeurs et son éthique.
  • Dimension contextuelle : le contexte de la personne et du médecin, la famille, la communauté, le système de soins et la culture.

L’interrelation entre les compétences fondamentales, les champs d’activité et les dimensions spécifiques caractérise la discipline et souligne la complexité de cette spécialité. C’est cette interrelation complexe des compétences fondamentales qui est la base et sert de guide. Elle doit se retrouver dans le développement des programmes de formation, de recherche et de démarche qualité. Le dossier médical est l’outil de base pour le suivi des patients.

Schéma des compétences en médecine générale

1. COMPETENCE «RELATION, COMMUNICATION, APPROCHE CENTREE PATIENT»

Définition : Capacité à construire une relation avec le patient, son entourage, les différents intervenants de santé, ainsi que les institutionnels, en utilisant dans les différents contextes les habiletés communicationnelles adéquates, dans l’intérêt des patients.

C’est à dire en

  • Menant des entretiens avec tout type de patients et leurs entourages, en restant centré sur leurs besoins implicites et explicites, en intégrant des notions d’éthique de la communication.
  • Construisant et maintenant à travers ces contacts, une relation avec le patient et/ou son entourage, en étant attentif à rester dans le cadre professionnel et en se questionnant sur ses propres capacités et limites relationnelles.
  • Respectant les différentes législations et code déontologique concernant les droits du malade et les devoirs du médecin.
  • Communiquant avec les autres professionnels de santé et médico-sociaux intervenant auprès du patient, dans l’intérêt de celui-ci, en utilisant le média le plus judicieux en fonction du problème dans son contexte.
  • Communiquant avec les institutionnels dans l’intérêt du patient.

 

2. COMPETENCE «APPROCHE GLOBALE, PRISE EN COMPTE DE LA COMPLEXITE»

Définition : Capacité à mettre en œuvre une démarche décisionnelle centrée patient selon un modèle global de santé (EBM, Engels, … ) quel que soit le type de recours de soins dans l’exercice de Médecine Générale.

C’est-à-dire en :

  • Adoptant des postures différentes en fonction des situations : soins, accompagnement, soutien, éducation, prévention, réparation, …
  • Identifiant, évaluant, les différents éléments disponibles de la situation et leurs interactions (complexité), dans les différents champs (bio-psycho-social et culturel, pour les prendre en compte dans la décision.
  • Élaborant un diagnostic de situation inscrit dans la trajectoire de vie du patient. C’est à dire intégrant le contexte bio-psycho-social et culturel à l’analyse de la situation.
  • Négociant une décision adaptée à la situation et partagée avec le patient (voir décision centrée patient).
  • Évaluant les décisions et leurs conséquences, à court, moyen et long terme (voir le suivi au long cours)
  • Tentant de cogérer avec le patient des plaintes et des pathologies aiguës et chroniques de manière hiérarchisée (voir le premier recours).

 

3. COMPETENCE  «EDUCATION, PREVENTION»

Définition : Capacité à accompagner « le » patient dans une démarche autonome visant à maintenir et améliorer sa santé, prévenir les maladies, les blessures et les problèmes psychosociaux dans le respect de son propre cheminement, et donc à intégrer et à articuler dans sa pratique l’éducation et la prévention.

C’est à dire en :

  • Mettant en place des actes destinés à diminuer l’incidence d’une maladie par des mesures individuelles de prévention, à favoriser un dépistage précoce des maladies, et à réduire les séquelles d’une maladie.
  • Développant une posture qui place le patient en position de sujet, et s’engageant dans une alliance, un partenariat en aidant le patient à construire ses compétences.
  • Déterminant le moment opportun et la durée de l’action de prévention et d’éducation pour le patient et pour soi même, en tenant compte des possibilités de chacun.
  • Partageant le suivi avec d’autres intervenants.
  • Collaborant à et/ou élaborant des programmes, des projets et des actions de prévention et d’éducation.

 

4. COMPETENCE «PREMIER RECOURS, URGENCES»

Définition : C’est la capacité à gérer avec la personne les problèmes de santé indifférenciés, non sélectionnés, programmés ou non, selon les données actuelles de la science, le contexte et les possibilités de la personne, quels que soient son âge, son sexe, ou toutes autres caractéristiques, en organisant une accessibilité (proximité, disponibilité, coût) optimale.

C’est à dire :

  • Gérer les situations les plus fréquentes aux différents stades d’évolution (situations aiguës ou chroniques, les urgences, la santé des femmes, des enfants, etc.)
  • Intervenir si nécessaire dans le contexte d’urgence réelle ou ressentie ou dans les situations médicales non programmées
  • Hiérarchiser et gérer simultanément des demandes, des plaintes et des pathologies multiples, aiguës ou chroniques, chez le même patient.
  • Exécuter avec sécurité les gestes techniques les plus fréquents dans le contexte du premier recours

 

5. COMPÉTENCE «CONTINUITÉ,COORDINATION, SUIVI»

DéfinitionCapacité à assurer la continuité des soins et la coordination des problèmes de santé du patient engagé dans une relation de suivi et d’accompagnement.

C’est-à-direen:

  • Etant le référent du patient dans l’espace et la durée,
  • Utilisant judicieusement toutes les possibilités du dossier médical pour le suivi et l’accompagnement du patient,
  • Prenant en compte l’évolution de ses problèmes de santé lors de cet accompagnement
  • Collaborant avec les différents acteurs médico-sociaux dans l’intérêt du patient,
  • Mettant en place et entretenant une relation médecin patient évolutive, mutualisée, en redéfinition continuelle,
  • Organisant son activité en fonction de ces objectifs

 

6. COMPETENCE «PROFESSIONNALISME»

Définition : Capacité à assurer l’engagement envers la société et les personnes et à répondre à leurs attentes.

C’est-à-dire en étant en mesure de :

  • Développer une activité professionnelle en privilégiant le bien-être des personnes par une pratique éthique et déontologique,
  • Améliorer ses compétences par une pratique réflexive dans le cadre de la médecine basée sur des faits probants
  • Assumer la responsabilité des décisions prises avec le patient en explicitant ses décisions en informant honnêtement les patients, y compris de ses conflits d’intérêts
  • Agir avec altruisme et sans discrimination
  • Favoriser l’accès équitable aux soins pour tous
  • Respecter la personne en tenant compte en premier lieu de son mieux-être et en favorisant son libre choix, son autonomie,
  • Fonder ses choix sur l’intérêt du patient mais aussi sur la gestion pertinente des ressources de soins
  • Garantir la confidentialité des échanges avec les patients
  • Continuer à améliorer ses compétences professionnelles par l’identification de ses besoins de formation et intégrant ses acquis à sa pratique
  • Contribuer et participer à la formation des professionnels de santé
  • Collaborer avec les autres professionnels de soins dans le respect de leurs compétences
  • Gérer son temps pour un équilibre entre vie professionnelle et personnelle,
  • Gérer son outil de travail

Les niveaux génériques de compétences

Niveau générique Attributs des internes

L’interne Novice
de l’entrée dans le D.E.S à la moitié du stage de niveau 1

Possède des notions sur les spécificités de la discipline et les compétences nécessaires à acquérir pour exercer la MG

  • Accepte a minima le projet proposé
  • A conscience qu’il opère sur l’être humain
  • Est apte à supporter une part d’incertitude
  • A conscience de la difficulté (complexité) des problèmes auxquels il va être confronté
  • Envisage qu’il va devoir couvrir l’ensemble du champ de la discipline
  • Montre un début de questionnement sur sa pratique antérieure et actuelle

L’interne Intermédiaire
de la moitié du stage de niveau 1 au milieu du SASPAS

  • Est en mesure de faire le lien entre théorie enseignée et la pratique observée et /ou exercée (identifie les capacités, connaissances, habiletés nécessaires à l’exercice de la compétence)
  • A pris conscience de ce qui est demandé et participe activement à son propre développement
  • Améliore sa capacité d’autonomie en s’appuyant sur une meilleure confiance en soi (prenant progressivement de l’assurance)

L’interne Compétent
Fin de cursus/après le SASPAS

Dans les situations courantes :

  • Agit en autonomie et assume ses responsabilités
  • Collabore efficacement avec les autres intervenants
  • Possède une approche centrée patient
  • S’interroge sur sa pratique
  • Pour les internes ayant débuté leur DES avant septembre 2017 (avant la réforme du DES, les promotions 2017 et 2018 ne sont pas concernées)
    • L’enseignement théorique : 200 crédits sont proposés et doivent être validés au cours du cursus. Les crédits peuvent être validés dans différents modules, pour les internes ayant démarré avant la réforme des crédits (début du DES en 2012 2013 2014) les heures peuvent être converties en crédits (8heures soit une journée de séminaire correspond à 10 crédits) / 100 crédits obligatoires et 100 crédits sur des formations complémentaires doivent être réalisés. (cf plaquettes de présentation 2015-2016).
    • Les stages pratiques sont au nombre de 6 : urgences, médecine polyvalente, stage chez le praticien niveau 1, santé de la femme et/ou santé de l’enfant, stage libre ou SASPAS
  • Pour les internes ayant débuté leur DES depuis 2017 (après la réforme du DES)
    • L’enseignement théorique correspond au référentiel métiers de la médecine générale avec les 11 familles de situations en lien avec la médecine générale. 2 séminaires obligatoires sont à faire en phase socleavec une formation complémentaire(voir plaquette complète 2017 ou 2018). En phase d’approfondissement 2 séminaires obligatoires parmi ceux proposés sont aussi à réaliser ainsi qu’une formation complémentaire
    • Les stages pratiques en phase socle :
      • urgences+ stage ambulatoire niveau 1(mesures transitoires existantes pour les T1 de l’année 2017)
      • La soutenance de phase soclea lieu de façon présentielle après validation de votre portfolio de la phase socle par votre tuteur /tutrice avec les obligations de rendus de traces rappelés dans la plaquette correspondant à votre année.
    • Les stages pratiques en phase approfondissement (T2 et T3) sont :
      « médecine polyvalente » + « stage femme » + « stage enfant » + SASPAS.
      A Sorbonne-Université un certain nombre de stages santé de la femme et santé de l’enfant seront possibles en ambulatoire chez un.e praticien/praticienne agréé.e (en construction)